Projet artistique de géographie subjective, géographie sensible, cartographie mentale et fantasmée.... Catherine Jourdan réalise des cartes en collaboration avec les designers Pierre Cahurel et Jacky Foucher de l’agence créative Grrr mais également avec l’aides d’artistes, plasticiens, graphistes et autres géographes du dimanche.. elles sont ensuite rendues publiques dans les rues. A Nantes, Berlin, Amiens, Saint- Avé, Rennes et... d’autres en cours...

En équipe, nous accompagnons les habitants d’un territoire désireux de cartographier à plusieurs un morceau d’ici ou d’ailleurs lors de résidences de création in situ.

La politique commence quand il y a rupture dans la distribution des espaces et des compétences. Elle commence quand des êtres destinés à demeurer dans l’espace invisible du travail qui ne laisse pas le temps de faire autre chose prennent ce temps qu’ils n’ont pas pour s’affirmer copartageants d’un monde commun, pour y faire voir ce qui ne se voyait pas, ou entendre comme de la parole discutant sur le commun ce qui n’était entendu que comme le bruit des corps.


Rancière, Le Spectateur émancipé

Catherine Jourdan, psychologue clinicienne et artiste documentaire mène depuis plusieurs années un projet documentaire cartographique. Son nom ? La géographie subjective. Presque un pléonasme mais n’entrons pas tout de suite dans le débat, car nous pourrions chercher longtemps une carte dite objective. Il s’agit de donner ses heures de gloire à une géographie sensible, singulière et collective et de la rendre publique par le biais d’une carte papier.




Une carte subjective est une carte d’un lieu élaborée par un groupe éphémère d’habitants

et ne s’autorisant que d’elle-même.


Arrêt sur image de la ville, elle est un prétexte pour se raconter à soi et aux autres nos chemins, notre ville : nos entours. Parlant de soi et de l’autre, elle dit et imagine ce qui était déjà là : le commun


Au terme de la création, l’exposition des cartes dans la rue suscite un débat informel sur la ville et la place tenue par chacun en son sein. La carte ainsi exposée publiquement fonctionnerait comme une invitation à dire son parcours, à projeter sa représentation du commun et à déconstruire certaines évidences

Notre identité ce viendrait pas d’un sol ou d’une prétendue identité fixe ? Notre territoire n’est pas ce que nous voyons autour de nous ? Voilà donc les concepts d’identité, de territoire, d’espace public et privé partis en goguette.


Un merveilleux point de départ en somme pour tracer penser, dessiner ensemble cette réalité qui nous entoure et se drape dans les plis de l‘évidence.


                                                           «L’universel, c’est le local moins les murs.»



Un pastiche

Une carte dite subjective tente le geste d’attraper la vision qu’a une personne ou un groupe d’habitants d’un morceau de territoire à un temps t. On l’aura compris, elle n’existe que par les mots et les dessins de celui ou celle qui se risque au geste de cartographier selon son vécu. Sur cette page inaugurée, on trouve donc des souvenirs, des histoires, des apories, des idées hâtives : tout ce qui fait l’humus de notre regard singulier et collectif. Les cartes réalisées fictionnent autant qu’elles décrivent. Mais n’a t-on pas toujours besoin de fictionner le réel pour pouvoir penser ? Le réel tout seul, parlerait-il ?


Jouant des codes de la cartographie officielle, elle s’octroie au passage un peu du vernis de la légitimité.


                                La géographie subjective est donc un pastiche sérieux


                                                            «L’universel, c’est le local moins les murs.»



Texte de présentation du projet de Cartographie Subjective co écrit avec Florent Lahache.


Petit écho au travail de géographie subjective mené à Rennes en Mai 2010 dans l’émission Villes Monde de France Culture. (15. 01. 2012)